Hannah Nordhaus

Un fantôme américain

 

traduit de l'anglais (États-Unis)

par Sibylle Grimbert et Florent Georgesco

 

392 pages, 21 euros

7 septembre 2017

 

 

 

 

 

REVUE DE PRESSE

Les mots des libraires, septembre-octobre 2017

« Ceci est une histoire vraie absolument passionnante. Remarquablement documenté d'un point de vue historique et sociologique, cet ouvrage vous fera passer d'agréables nuits blanches. » 
Librairie Privat (Toulouse) 

« Un superbe portrait de femme que vous ne lâcherez pas, que vous soyez sensibles ou non aux apparitions ! » 
Isabelle Theillet, librairie Mots & Motions (Saint-Mandé) 

« La démarche, la richesse de la matière brassée, la force d’évocation et les réflexions un tantinet vertigineuses que cela entraîne : passionnant ! Coup de coeur. » 
Christian Palvadeau, Médiathèque départementale du Doubs

 

« Hannah Nordhaus nous livre une enquête acharnée et réellement passionnante, sur les traces de son arrière-arrière-grand-mère, Julia Staab, émigrante allemande et célèbre fantôme outre-Atlantique. Un voyage dans l'Amérique du dix-neuvième siècle, au temps du fameux Far-West. Un régal de lecture ! » 
Librairie Calligrammes (La Rochelle)

 

« Attendez-vous à lire bien plus qu'une histoire de fantôme avec ce texte. Certes, la Julia dont il est question a tendance à effrayer les clients de l'hôtel de Santa Fe où elle serait morte "folle", nous dit-on. Mais à travers cette enquête on découvre tout un pan de l'histoire des États-Unis, ce rêve américain qui fait où défait des fortunes, des destins. Il regorge d'anecdotes historiques, sociologiques, intimes, psychologiques. Bref, un livre riche et passionnant ! » 
Aurélie Janssens, librairie Page & Plume (Limoges) 

20 minutes, 18 octobre 2017

2 minutes pour comprendre

par la communauté

 

(...)

Pourquoi ce livre ?

  • Parce que c'est une incroyable enquête généalogique : Hannah Nordhaus remonte le fil de son histoire familiale, pour essayer de cerner la personnalité de son aïeule. Ses recherches sont passionnantes à suivre !
  • Parce que c'est un portrait réaliste et complet de la vie au Far West, au XIXe siècle : les pionniers qui traversent les plaines en charriot, en redoutant les Indiens et les bandits... Le danger, les épidémies, les paysages sans aucune trace humaine.. L'aventure, la vraie, avec ce parfum de réalité fascinant, qui fait tout le sel de ce précieux document !
  • Parce qu'Hannah Nordhaus pare son récit d'une aura surnaturelle : son ancêtre serait devenue un fantôme, qui hanterait l'antique demeure familiale. Elle a rencontré des médiums, et en profite pour dresser le portrait d'un phénomène devenu mondial au XIXe siècle. Au lecteur d'y croire ou non !
  • Parce que le récit d'Hannah Nordhaus se lit à la vitesse d'un roman : c'est un page-turner, et pourtant, rien de fictionnel entre ces pages ! Le lecteur prend plaisir à découvrir les hypothèses de l'auteur, les indices, le passé qui se dévoile par petites touches...
  • Parce que c'est aussi un portrait de l'immigration allemande aux États-Unis : la question de l'identité et des racines est centrale. Peut-on se sentir chez soi dans un nouveau pays que l'on n'a pas choisi ? Peut-on être heureux quand on se languit de son village natal ?

L'essentiel en 2 minutes

 

  • L'intrigue. Hannah Nordhaus enquête sur son ancêtre, Julia Staab, venue aux Etats-Unis en 1866 après son mariage. Après une vie malheureuse, on dit qu'elle hante la demeure familiale, devenue depuis un hôtel...
  • Les personnages. Les Staab se dévoilent au fil du récit : qui étaient-ils ? À l'aide de photos, de témoignages, de journaux de l'époque, d'archives, Hannah Nordhaus redonne vie à des gens disparus depuis plus d'un siècle.
  • Les lieux. Santa Fe, Nouveau Mexique... À cette époque, ce n'était qu'un avant-poste crasseux et inculte, près de la Frontière. Julia Staab s'est retrouvée aux confins du monde. Qu'elle semblait loin, alors, son Allemagne chérie !
  • L'époque. C'est une période charnière, la deuxième moitié du XIXe siècle, qui se dévoile : le pays est en pleine expansion, les frontières reculent. C'était l'ère du Far West !
  • L'auteur. Hannah Nordhaus est journaliste et écrivain. Julia Staab était la grand-mère de son grand-père.

The American Break, 10 octobre 2017

Une enquête généalogique

par Emily Costecalde

 

NOUVEAU-MEXIQUE — Les Américains sont nombreux à s’intéresser à leurs racines européennes, et à la venue parfois lointaine de leurs ancêtres en terre américaine. Hannah Nordhaus est l’une d’entre elles, mais son ancêtre à elle a une particularité : on dit qu’elle hante un hôtel huppé de Santa Fe, Nouveau-Mexique. C’est en quelque sorte une célébrité locale. Mais qui était cette femme et qu’a-t-elle vécu ? Hannah Nordhaus remonte le fil de son histoire personnelle et familiale pour tenter de comprendre qui était Julia Staab, née en 1844 en Allemagne…

Quête généalogique, réflexion sur les médiums et leur histoire, sur l’immigration, les racines, la famille, la religion, le Far-West, Un fantôme américain est un essai dense et complet, mais jamais, jamais lourd. En réalité, l’histoire d’Hannah Nordhaus se lit comme un roman : c’est tout aussi passionnant, et même plus en réalité, car tout est vrai, ce qui est fascinant en soi. Julia Staab a vraiment existé. Elle a vraiment quitté l’Allemagne en 1865, fraîchement mariée, pour partir à Santa Fe, au bout du monde, à l’époque où le Nouveau-Mexique se trouvait aux confins du monde connu. Les premières années de la vie maritale de Julia Staab, c’est tout simplement une illustration parfaite de la vie à la frontière : une vie rustre, parfois menacée par les bandits ou les Indiens, dans une ville qui essaie de se construire une identité, et une élite, dont feront partie les Staab. Sous les yeux du lecteur, Santa Fe évolue : d’un petit avant-poste crasseux, la ville se mue en cité américaine. (...)

Rien que pour ces bribes de vie au Far-West, Un fantôme américain vaut le coup d’oeil. Mais ce n’est pas là le seul atout de ce livre. Hannah Nordhaus s’autorise des digressions très intéressantes, comme ces chapitres qu’elle consacre aux médiums. Évoquant l’âge d’or des spirites, et l’histoire des soeurs Fox (à ce sujet on vous conseille Théorie de la vilaine petite fille, d’Hubert Haddad), mais également ses rencontres personnelles avec des médiums, Hannah Nordhaus aborde le sujet sans a priori, avec un esprit ouvert : au lecteur d’en tirer ses propres conclusions.

Le lecteur s’immerge dans cette histoire familiale très riche sans mal : l’auteur veille bien à ne pas nous égarer au fil des pages : elle s’écarte parfois du couple principal, pour nous détailler l’histoire d’un de leurs enfants, d’un cousin, d’une soeur, mais c’est toujours à propos. On apprendra ainsi avec horreur que la petite soeur de Julia, Emilie, a péri en camp de concentration. L’auteur remarque que ce destin aurait pu être celui de toute sa famille, si le patriarche, Abraham, n’était pas parti s’établir aux États-Unis. Terrible constat…

Bien que l’enquête menée par Hannah Nordhaus soit très personnelle, et finalement assez intime, Un fantôme américain se lit sans jamais que le lecteur ait l’impression d’être intrusif, de s’immiscer dans les souvenirs d’une famille : Hannah Nordhaus nous livre en réalité quelques vérités assez universelles, sur l’importance de la famille, des racines, de l’identité. Voilà donc un essai passionnant, à la puissance d’évocation d’un roman, qui donne à réfléchir, et pousserait même le lecteur à partir à la recherche de ses propres ancêtres.

Télérama, 4 octobre 2017

Vous l'avez repérée ?

Hannah Nordhaus

par Nathalie Crom

 

Profession Journaliste et mémorialiste américaine.

Âge 49 ans.

Ascendance Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un fantôme dans sa famille... Hannah Nordhaus, si. Dans les années 1970, Julia, son arrière-arrière-grand-mère, morte près de huit décennies plus tôt, est revenue hanter la maison de Santa Fe où elle avait vécu (...). Née au mitan du dix-neuvième siècle, dans une bourgeoise petite ville de Rhénanie, elle avait été littéralement "importée" par son époux, Abraham Staab, un pionnier, comme elle juif et d'origine allemande, avec lequel elle eut de nombreux enfants. De quel outrage son spectre réclame-t-il aujourd'hui justice ?

Signes particuliers Si elle consulte bien quelques médiums, c'est en "journaliste et historienne" que Hannah Nordhaus s'emploie à répondre à la question. Puisant à toutes sortes d'archives pour retracer l'existence de Julia Staab et tenter de démêler le vrai du faux dans la mythologie familiale qu'ont suscitée sa vie romanesque et sa mort nimbée de mystère. Autour de sa mélancolique aïeule, elle plante le décor du Sud-Ouest américain encore en plein processus de colonisation. Et c'est franchement captivant.

Akadem, septembre 2017

Enquête au Nouveau-Mexique

par Gilles Rozier

Le Point, 31 août 2017

SOS Fantômes

par Sophie Pujas

 

Maggie Nelson, nouvelle star outre-Atlantique, est depuis toujours hantée par sa tante, assassinée en 1969. Hannah Nordhaus, elle, descend du cèlèbre "fantôme de Santa Fe". Deux obsessions, deux destins.

 

(...) Au confluent du privé et du collectif se trouve également l'histoire ressuscitée par Hannah Nordhaus. Elle est l'arrière-arrière-petite-fille du "plus célèbre fantôme de Santa Fe" : Julia Staab, immigrante juive-allemande arrivée en 1865 au Nouveau-Mexique, en plein Far West. Venue épouser un compatriote qui avait fait fortune, Julia est morte à 50 ans dans des circonstances troubles, et la rumeur veut qu'elle hante sa fastueuse demeure... Laquelle est devenue un hôtel, qui exploite à loisir son aura de maison hantée, témoignages de voyageurs apeurés par des apparitions à l'appui. Comment naissent les légendes ? Hannah Nordhaus a voulu savoir qui était vraiment son aïeule, "cette femme fragile sur une frontière âpre, loin de sa famille, piégée dans un monde qui n'était pas fait pour elle", qui alimentait les récits familiaux comme ses fantasmes d'enfant. Deux tableaux fascinants se superposent : la vie d'une pionnière qualifiée de mélancolique et une histoire des spectres et de leurs intercesseurs... Côté face, Hannah Nordhaus sonde les archives familiales ou les vieux journaux intimes et suit les traces des siens jusqu'en Allemagne. Côté pile, elle compose une histoire collective du surnaturel. "Avant le dix-neuvième siècle, les individus ordinaires se vantaient rarement de discuter avec des parents défunts ; leurs facultés extrasensorielles n'étaient pas encore assez aiguisées. À l'époque victorienne, en revanche, les consultations posthumes des chers disparus devinrent monnaie courante." Hannah Nordhaus questionne des médiums, qui affirment lui transmettre des messages de Julia. Elle se rend même au Stanley Hotel, dans le Colorado, qui a inspiré Stephen King pour Shining et où les amateurs de frissons se retrouvent dans l'espoir de dialoguer avec l'au-delà - une industrie juteuse. Le tout se noue autour d'une quête très intime. "Les fantômes peuvent se passer de notre aide ; c'est pour nous qu'il est difficile, parfois, de vivre sans eux." On ne saurait mieux dire...

Lire, septembre 2017

À chaque famille, son fantôme...

par Lou-Eve Popper

 

Deux auteurs américaines rendent hommage à des figures familiales féminines dont la mort reste obsédante.

 

On peut ne pas croire aux revenants et être cependant hanté par le passé. Voilà la leçon à tirer d'Une partie rouge et d'Un fantôme américain, d'où se dégage une atmosphère nimbée de nostalgie et de tendresse. Leurs auteures, Maggie Nelson et Hannah Nordhaus, sont toutes les deux parentes de femmes décédées dans des conditions tragiques et devenues depuis célèbres aux États-Unis. Pour honorer leur mémoire mais aussi pour s'alléger un peu l'âme, l'une et l'autre ont décidé de se plonger dans leur histoire familiale la plus sombre. (...)

Le ton, quoique moins brutal, n'est pas plus joyeux chez Hannah Nordhaus. Journaliste, cette dernière est l'arrière-arrière-petite-fille de Julia Staab, immigrante juive-allemande "importée" par son mari au Nouveau-Mexique au milieu du dix-neuvième siècle. Morte à 52 ans dans des circonstances troubles, probablement atteinte de dépression, cette mère de famille dévouée continue de hanter, selon certains, son ancienne demeure de Santa Fe, devenue un hôtel de luxe. Avec un acharnement qui force le respect, Hannah Nordhaus est allée déterrer un passé enfoui pour approcher le destin de son ancêtre, arrachée à sa douce Westphalie pour le Far West. Consultant pendant deux ans généalogistes et médiums, universitaires et cousins éloignés, srutant les journaux intimes et la presse de l'époque, l'auteure parvient à éclairer les zones d'ombre de sa généalogie. C'est à ce formidable voyage que nous convie Un fantôme américain, depuis les terres arides américaines jusqu'aux camps de concentration de l'Europe de l'Est. Avec un sens incontestable du récit, Hannah Nordhaus invoque ainsi près d'un siècle d'histoire, et autant de visages invisibles. Preuve, s'il en fallait encore une, qu'un fantôme ne se déplace jamais seul.

Médiathèque départementale du Doubs, août 2017

Un fantôme américain

par Christian Palvadeau

 

« Je crois aux fantômes. Je crois au pouvoir du passé. Je crois que nous pouvons être hantés. » p. 352
Dans les années 1970, un hôtel de Santa Fe (Nouveau-Mexique) portant le nom d’Auberge du repos connaît de multiples manifestations d’un fantôme qui harcèle personnel et clients. Il s’agirait de Julia Staab revenant dans ce qui fut sa maison de 1882 à 1896. L’auteur, étant son arrière-arrière-petite-fille, décide de découvrir qui elle était, ce que fut sa vie et celle des siens. Nous nous retrouvons ainsi dans le milieu des juifs-allemands émigrés en Amérique lors de la seconde moitié du 19e siècle, dans ce qui n’est pas encore un État américain et où se côtoie une population bigarrée comportant nombre d’Hispaniques et d’Indiens. C’est l’histoire d’une jeune fille distinguée égarée en plein far west… On assiste au développement de Santa Fe après 1880 : arrivée du train, de l’éclairage public au gaz, de la première ligne de téléphone, construction de la cathédrale… On se rend compte de ce qu’était encore l’état déplorable de la médecine, de ce que fut la naissance et le développement du spiritisme… La stature d’Abraham Staab (d’indigent il deviendra l’un des hommes les plus riches et les plus influents du Nouveau-Mexique), le mari de Julia, permet à travers la presse locale et les journaux de particuliers de deviner Julia en creux. Et puis, petit miracle, il existe un journal intime de l’arrière-grand-mère de l’auteur couvrant deux années. Auteur qui ne renonce à rien dans sa quête, sa volonté démesurée de savoir et de comprendre, ni au test ADN, ni à la bagatelle d’une demi-douzaine de visites à divers médiums. C’est que, au-delà d’un travail scientifique d’analyse des textes et du contexte de l’époque, elle recherche comme une perception intuitive, une communication d’âme à âme. Comme pour illustrer l’idée qu’émigrer ce n’est pas changer de lieu mais changer d’histoire, dans un douloureux parallèle avec celui des pionniers américains, nous assistons aussi, en Europe, à l’holocauste et à la disparition d’une partie de la famille. J’adore la démarche, la richesse de la matière brassée, la force d’évocation et les réflexions un tantinet vertigineuses que cela entraîne. Passionnant ! Coup de coeur.

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