Aymeric Patricot

Les Vies enchantées

Enquête sur le bonheur

224 pages, 18 euros

21 janvier 2016

 

 

 

 

 

REVUE DE PRESSE

Radio libertaire, août 2016

La Montagne, 7 mars 2016

Le bonheur tient à si peu...

par Florence Chédotal

 

Le casting fait tout le charme de ce petit guide du bonheur pas tout à fait consensuel, pas du tout mièvre et surtout pragmatique. Une potentielle source d'inspiration. Et si jamais le bonheur se révélait contagieux, qui sait...

 

Le constat est rude. « On a un moi tres limité. On ne comprend pas tout. On meurt assez vite. » Le drame immémorial de la condition humaine. Aymeric Patricot le jure, il n'avait jamais lu les divers traités publiés sur le bonheur ou multiples manuels de developpement personnel. Pas envie de se laisser « phagocyter ». Pour aborder la question ressassée du bonheur, ce professeur de lettres à Troyes, agrégé, la jeune quarantaine, est allé tout simplement à la pêche aux gens heureux, qu'ils soient restés tcnaces dans sa mémoire ou irradient son quotidien. « Avec ce bouquin, j'ai essayé de fabriquer une théorie du bonheur », confie l'auteur des Vies enchantées, enquête sur le bonheur.

Au commencement, sa « surprise » comme facteur déclenchant de l'écriture. « Je n'imaginais pas qu'on puisse être heureux ainsi. » II pense notamment à ce gars croisé il y a vingt ans à qui il consacre un long chapitre intitulé « Le baiseur ». II trouvait sa félicité dans le « sexe immédiat », décomplexé et butineur. « II avait un côté un peu fou, un peu maniaque aussi. La plupart de mes personnages ont ce côté obsessionnel. Ils vont au bout d'une sorte de délire. On n'est pas dans le côté serein bouddhiste à la Lenoir, mais plutôt dans la folie douce ». (...)

Aymeric Patricot s'est toujours méfié des gens qui se disent heureux. Toujours suspects en plus d'être passablement agaçants. Sans compter leur légère tendance à se la raconter, à « en imposer aux autres et à se mentir a eux-mêmes ». Alors il leur a préféré ceux qui « donnent l'impression d'être heureux », et a cherché à extirper de leur vie la recette de cette béatitude renouvelée. Sans les interviewer. Il les observe parfois comme des objets curieux maîs sans jugement. Lui revendique un petit côté Schopenhauer, pas franchement connu pour son optimisme à toute épreuve. Mais cette idée négative que le bonheur n'est rien d'autre qu'une absence de malheur lui parle. Toutefois il se dit bien moins pessimiste. « Moi, je pense qu'il est parfaitement possible d'être heureux si on entretient une part d illusion. J'ai une vision assez ludique des choses. L'idée, c'est d'oublier notre finitude. »

Ce que réussissent à merveille ses personnages. Pas parce qu'ils manquent de lucidité, au contraire, mais parce qu'ils parviennent à « trouver une astuce pour la surmonter ». Ils ne sont pas seulement dans le trip « Profitons du café qu'on boit, là maintenant » mais dans l'exaltation. « Regardez la femme au jardin, elle ne se contente pas d'admirer les petites fleurs. On n'est pas dans un hédonisme cool. Non, on sublime, on s'excite de petites choses. »

Au milieu des anonymes, l'auteur invoque quelques écrivains. Dont Colette : « J'en suis jaloux. J'aurais aimé être elle. Elle va à fond » Mais, au fait, est-il un homme heureux ? « Disons que j'ai réussi à identifier ce qui pourrait me rendre heureux, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Mais il me faut juste éliminer encore une ou deux choses dans ma vie pour y parvenir. » L'homme, cet éternel insatisfait, toujours quelque chose qui cloche... Comme l'écrivait Jules Renard, « si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce en serait la salle d'attente ». 

Blog Clara et les mots, 26 février 2016

224 pages à lire !

par Clara

 

Aymeric Patricot ne nous livre pas un (énième) livre de recettes, de philosophie, de modes de vie pour atteindre le bonheur. Car à la vaste question "qu’est-ce que le bonheur ?" chacun a ses réponses. Et quoi de mieux que donner la parole à des anonymes aussi différents par leur style de vie et qui expliquent ce qu’est le bonheur pour eux ? Mais avant l’auteur différencie six groupes : le bonheur par expansion, par dispersion, par opposition, par sublimation, par synthèse, par dilution.
De celle qui s’occupe de son jardin avec amour et s’y épanouit au dragueur insatiable amoureux de l’amour physique en passant par le poète, le réactionnaire, une jeune fille que la foi rend heureuse mais aussi celui à qui les billets de banque procurent une satisfaction sans nom... Vous l’aurez compris, tous ces personnages si différents en quelques pages nous expliquent leur bonheur.
On peut être surpris ou trouver des fragments qui résonnent ou qui nous touchent, mais ce livre nous ouvre les yeux sur les autres et sur nous-mêmes. Il y a ceux qui ont changé de vie, d’autres pour qui le chemin était tout tracé, d’autres qui se remettent en question mais tous autant qu’ils sont, par leur sincérité et leur témoignage, ne nous laissent pas indifférents. Et forcément on se pose des questions sur notre façon de concevoir le bonheur. Au fil des personnages rencontrés, Aymeric Patricot dépeint des portraits d’écrivains célèbres comme Montaigne, Aragon, Beauvoir, Céline, Proust et Colette et leur rapport au bonheur (un régal !).
Certains de ces anonymes puisent leur bonheur dans la mise en avant de soi ou dans le vice ou le cynisme. Ces personnes existent comme celles pour qui le bonheur personnel passe par celui de l’autre (en tant que personne humaine) ou par la liberté. Pour ces anonymes, le bonheur prend différents aspects et est souvent au final non figé (car dans une vie beaucoup de choses peuvent changer).
C’est vivant, surprenant également et j’ai beaucoup aimé comment Aymeric Patricot de façon très subtile glisse quelques réflexions toujours très appropriées.
Hyper intéressant, cet essai joyeux et gai nous amène à nous interroger  sur nos bonheurs, et c'est très réussi ! A lire et à relire. 

L'Express, 10 février 2016

Heu-reux

par Jérôme Dupuis

 

Où trouvons-nous notre bonheur ? Réponses d'anonymes à Aymeric Patricot. Savoureux.

 

Quoi de plus déprimant que les traités sur le bonheur ? On oscille entre copie de bac philo et manuel de développement personnel. Saluons donc le dernier livre d'Aymeric Patricot, qui renouvelle le genre en présentant une série de témoignages d'anonymes sur ce qui leur procure du bonheur dans la vie. Concept tout simple, mais diablement efficace.

Le casting est excellent. Il y a Camille-la-paysagiste, qui oublie ses cheveux gris dès qu'elle arpente son jardin, sécateur en main. (...) Ou encore le control freak, qui photographie tous ses objets et archive le moindre ticket d'entrée à une exposition.

Imperceptiblement, ces témoignages, consignés chacun en quelques pages, amènent à nous interroger sur nos propres bonheurs. Quel espace leur ménageons-nous encore dans la routine de nos vies ? Et quelle est la part de notre libre arbitre ? À ces questions métaphysiques, "la femme-à-la-forte-poitrine" apporte une réponse claire : "Ma poitrine a forgé ma vie bien plus que je ne l'ai façonnée." Avec Patricot, le bonheur est toujours une idée neuve en Europe.

Metronews, 29 janvier 2016

Le livre qui fait du bien : "Les Vies enchantées" d'Aymeric Patricot

par Christophe Mangelle

 

Roman, témoignage, essai... Chaque semaine, retrouvez le choix "feel good" de Christophe Mangelle, fondateur et rédacteur en chef du site culturel La Fringale culturelle. Aujourd'hui : l’enquête sur le bonheur d’Aymeric Patricot, Les Vies enchantées aux éditions Plein Jour.

 

C’est qui ?
Aymeric Patricot est né en 1975. Diplômé d’HEC, ancien attaché culturel à l’ambassade de France au Japon, il a abandonné sa carrière pour passer l’agrégation de lettres modernes, qu’il a obtenue. Après avoir enseigné dix ans dans les collèges et lycées de la région parisienne, il devient professeur en classe préparatoire. Il publie à partir de 2006 des romans sombres comme Azima le rougeSuicide Girls ou encore L’Homme qui frappait les femmes.Et aussi des essais dont les thèmes sont difficiles, ancrés dans une réalité âpre, comme Autoportrait du professeur en territoire difficile ou encore sa dernière enquête qui a suscité un vif débat, Les Petits Blancs, disponible ce mois-ci en version poche (Points).

 

Ça parle de quoi ?
Après des essais sur des sujets moroses, Aymeric Patricot a relevé le défi d’aller à la rencontre de gens que l’auteur sentait heureux dans le monde d’aujourd’hui. (...) En fin observateur, il nous retranscrit ses différents échanges en proposant des portraits épatants composés d’anonymes et d’écrivains célèbres comme Montaigne, Aragon, Beauvoir, Céline, Proust et Colette. Construite en six parties, l’enquête dévoile aux lecteurs différentes formes de bonheur, le bonheur comme une sorte de dialogue entre le "moi" et le monde.

 

Pourquoi on aime ?
En promenant le lecteur dans les différentes formes de la joie de vivre, Aymeric Patricot nous démontre avec ces différents témoins que finalement le bonheur ne répond à aucune recette, mais que chacun d’entre eux l’a trouvé en cultivant ses vices ou ses défauts. C’est avec ce regard subtil que l’auteur restitue ici une radiographie précise du bonheur ancré dans notre réalité. Les Vies enchantées est le livre qui va à contre-courant de ceux qui nous expliquent comment être heureux. Et c’est en cela que sa démarche résonne. À travers ces témoins qui forcent l’admiration, Aymeric Patricot exprime un regard joyeux, réel et inattendu sur le bonheur, avec un souci de véracité qui rendra service au lecteur en quête de bonheur.

Narrative nonfiction, enquêtes, essais, débats. La littérature du réel sous toutes ses formes.

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