Gilles Sebhan

HORS CLASSE
Un traité d'immaturité

 

 

 

192 pages, 18 euros

14 octobre 2022

 

 

REVUE DE PRESSE

LH Le Mag, 29 septembre 2022

Double Je(u)

Par Jean-Claude Perrier

 

Il est à peine question de sa peinture, dans Hors classe. Pourtant elle incarne bien la personnalité de Gilles Sebhan. Ce sont surtout des portraits de jeunes hommes, la plupart arabes. Il est aussi peu question de sa judéité, largement évoquée dans La dette (Gallimard, 2006), roman sur son père, sépharade marocain rescapé d’Auschwitz, puis soldat pendant la guerre d’Algérie. Il est en revanche beaucoup question de son homosexualité, et de son métier de professeur de français dans un collègeen ZEP,puis dans lel ycéede banlieue où il a jadis été élève. Avec ses collègues, les rapports sont à peu près corrects. Avec ses élèves, complexes. Un mélange de séduction réciproque, de fascination pour ceux qu’il nomme les « cancres », d’ambiguïté et de jeu. Sebhan est un pseudonyme, mais

tout le monde finit par le découvrir et savoir que le prof est écrivain, et gay.
Il en est ravi, il a tout fait pour, quitte à encourir, à cause certains de ses livres sulfureux (Haut risque, PARC, 2003), quelques ennuis. L’auteur excelle
dans le sfumato, le flou artistique, le télescopage : son récit va et vient, sans dates, et les noms sont floutés, même celui de « l’infâme » Tony Duvert, à qui il a consacré une bio (L’enfant silencieux, Denoël, 2010) et un essai (Retour à Duvert, Le Dilettante, 2015).

À travers son expérience se dessine un état des lieux accablant de notre Éducation nationale, dont les maux vont jusqu’au terrorisme, le déclencheur de Hors classe ayant été l’assassinat de Samuel Paty.

Tout ici sonne juste, sans pathos.

Littérature du réel, enquêtes, essais, histoire.

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